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mercredi 26 avril 2017

Et hop, et de 9 !


Bien contente je suis, car je viens de recevoir le numéro 88 de la très tarazimboumante revue Présences d'Esprits.
Vous y trouverez mon 9ème texte publié, intitulé le Point Q.
Ce texte a eu l'heur de plaire à Présences d'Esprits qui lui a adjoint un fort copieux dossier sur le Post apocalyptique. Je suis très contente que ce texte ait trouvé preneur parce qu'il n'était pas évident à placer. Il appartient au tout nouveau mais réjouissant sous-genre de la SF appelé le Quantpunk, autrement dit du décalé/punk/no future à la sauce quantique. Si si. Si vous ne craignez ni le délire, ni les approximations scientifiques, ce texte est fait pour vous. Je me suis bien amusée à l'écrire, d'ailleurs !

Tiens, ça va être l'occasion de parler un peu des sous-genres de la SF.

La science-fiction regroupe une myriade de sous-genres plus ou moins faciles à décrire et plus ou moins célèbres.
Je vais tenter de faire une liste, la mienne, au moins des sous-genres que je connais, que j'ai eu l'occasion de lire ou de regarder (dans le cas des films ou séries). Attention, je n'ai aucune prétention d'exhaustivité, c'est une liste pour grands débutants, hein.
  1. Le space opera : rien à voir avec la Callas, il s'agit de récits d'aventures spatiales, avec planètes lointaines, formes de vie non humaines, etc. On connait le space op' dans le grand public par des séries comme Star Trek ou Battlestar Galactica. En romans, je citerais volontiers le cycle d'Hypérion de Dan Simmons ou celui des Guerriers du silence de Pierre Bordage. J'ai commencé récemment celui de la Culture de Ian M. Banks.
    Je ne les ai pas encore lus mais on me dit dans l'oreillette de citer le cycle d'Omale de Laurent Généfort. Et il y en a tant d'autres... C'est un genre propice à l'émerveillement et un de mes genres préférés, je l'avoue, c'est pourquoi je l'ai mis en premier !
  2. Le planet opera : dans ce type d'histoire, l'aventure se déroule sur une planète, de préférence étrange, sinon ce n'est pas drôle. A mes yeux, le planet opera ultime, c'est Dune de Franck Herbert (pareil, c'est un cycle). Autour de la planète Dune, tout un écosystème économique et politique s'articule pour la possession de l’Épice. C'est une oeuvre grandiose, pas forcément facile d'accès (je l'ai lue à l'adolescence et j'étais contente qu'il y ait un lexique à la fin du bouquin), mais qui marque.
    En ce moment, mon fils lit le Monde Vert de Brian Aldiss, qui décrit la Terre à la veille de l'explosion du Soleil, alors qu'elle est recouverte d'une jungle. Dans ce type de roman, la véritable héroïne, c'est la planète, la façon dont elle dicte ses lois aux habitants. Coté film, on pourrait citer Avatar de James Cameron, où la planète est même vivante.
  3. Le Cyberpunk : il s'agit d'oeuvres s'attachant à la description des interactions entre humains et machines, voire mettant en scène des transhumains, donc des hommes ou femmes ayant modifié ou fait modifier leur corps pour leur ajouter des capacités. Un film assez ancien maintenant mais qui avait fait sensation à sa sortie était Tron , un surprenant Disney où un joueur de jeu vidéo se trouvait projeté dans le jeu sous forme virtuelle. On peut aussi citer le célébrissime Matrix. Autre œuvre absolument géniale, Ghost in the Shell (je parle de l'anime, la série japonaise) où les humains peuvent transférer leur ghost d'une enveloppe corporelle cybernétique à une autre pour atteindre une forme d'immortalité.
    Le roman souvent cité pour parler de Cyberpunk est le Neuromancien de William Gibson. J'avoue l'avoir commencé deux fois et abandonné, tellement je n'arrivais pas à « entrer dedans ». Un des mes amis me dit qu'il faut le lire en anglais parce que la traduction française n'est pas bien bonne mais bon... Lisez plutôt  la voix brisée de Madharva  de Mathieu Rivero : c'est du cyberpunk français et ça se lit très bien !
  4. Le steampunk : Ah, en voilà un genre de la SF qu'il est populaire ! Si pour une fois on veut causer français, employons le terme de rétrofuturisme. L'idée est d'imaginer une époque du passé, typiquement le XIXème siècle, où les progrès techniques rendraient les humains capables, par exemple, d'aller dans l'espace, mais avec des machines à vapeur. C'est un peu ce que faisait Jules Verne, sauf que lui parlait de son époque, et que nous, nous parlons de notre passé.
    Coté littérature, un bouquin qui m'a marquée est l'excellent les voies d'Anubis de Tim Powers (encore un bouquin sorti il y a un moment). En BD, la ligue des Gentlemen extraordinaires (bien meilleur en BD qu'en film). Et dans les films, je citerai le merveilleux Hugo Cabret.
    A noter des déclinaisons comme le dieselpunk (c'est du steampunk mais « tardif », situé entre les deux guerres : je dois dire que les oeuvres que j'ai vues revendiquées de ce genre sur certains blogs m'ont laissée songeuse : Eraserhead, admettons, mais Mad Max 2 ou Blade Runner ? Vraiment ?), le quantpunk (du no-future à la sauce physique quantique), j'ai trouvé aussi le biopunk cité sur la toile, bref on peut punker ce qu'on veut du moment que c'est cool.
  5. l'Uchronie : à ne pas confondre avec le steampunk, il s'agit d'un genre de SF où on joue pleinement au jeu de « et si... ». Et si Hitler avait gagné (Reich de Alain Paris) ? Et si l'homme n'était plus l'espèce dominante sur Terre (la planète des singes de Pierre Boulle). Et si Jack l'Eventreur piquait la machine à voyager dans le temps de HG Wells pour venir tuer des femmes à San Francisco dans les années 80 (C'était demain, film absolument génial)... Changer le cours de l'histoire et se demander ce que serait l'état du monde aujourd'hui, exercice ô combien passionnant. Là aussi, un genre majeur en SF et un régal de lecteur (sacré tour de force de l'auteur, en revanche, pour que ce soit bien fait)
  6. le post apocalyptique : genre plutôt à la mode de nos jours, pas mon préféré, mais j'en ai lu un peu... Le post-apo décrit le monde après la catastrophe, quelle qu'elle soit. Le plus éprouvant que j'ai lu (et que je n'ai pas réussi à lire autrement que par petits morceaux) fut la Route de Cormac McCarthy. On peut citer également l'excellent le Jour où de Paul Béorn et pourquoi pas la série de BD Seuls de Gazotti et Velhmann. En film, c'est là que je classerais Mad Max. Je vous conseille de vous procurer le numéro 88 de Présences d'Esprits (il vient de sortir, cinq euros, c'est pas cher!) pour le dossier Post-Apo abondamment documenté qu'il propose.
  7. La dystopie : genre d'utilité publique à mes yeux, il décrit des sociétés aliénantes, où les humains ont perdu leur liberté. 1984, de George Orwell, étudié en classe de nos jours, au lycée je crois, en est une des œuvres les plus marquantes. Une fois qu'on a lu ça, on comprend pourquoi il ne faut jamais laisser la moindre chance de s'installer au totalitarisme...Le meilleur des mondes, d'Aldous Huxley est aussi un vrai chef d’œuvre. Je citerai aussi l'âge de cristal, de W F Nolan, qui a certainement un peu vieilli, mais qui m'a marquée à l'adolescence. Dans le même esprit, un très bon film à revoir, Soleil vert...Autre histoire excellente, A la poursuite des slans, de Van Vogt, lu à l'adolescence aussi, et qui constitue à mon sens une bonne façon pleine d'aventure de découvrir la SF (et une réflexion puissante sur l'exclusion sous toutes ses formes) Demain, les chiens, Je suis une légende... nombre de romans pessimistes appartiennent à ce genre.
    En film, bien sûr, Blade Runner, une pure merveille redécouverte à chaque fois. (c'est aussi le genre de pas mal de romans récents comme Divergente, Hunger Games, etc)
    On y trouve en résumé, souvent (malheureusement, serais-je tentée de dire), les œuvres d'inspiration politique, où l'avenir ne nous promet généralement pas de lendemains qui chantent, hélas. A contrario...
  8. L'utopie : décrit des sociétés idéales mais pas forcément sans heurts (sinon, ce ne serait pas drôle). Je mettrais bien dans cette case-là les danseurs de la fin des temps de M Moorcock, où les hommes devenus des dieux s'ennuient prodigieusement et ne savent plus quoi inventer pour s'occuper.
  9. La hard science : j'ai franchement hésité à créer une catégorie pour elle car à mes yeux, elle contribue au fond des histoires sans être un sous-genre en soi. La hard science ou hard SF cherche à rester au plus près des connaissances scientifiques pour les extrapoler. On peut écrire du space op' en hard science (par ex les enfants de Mars de G Benford) du survival spatial comme Seul sur Mars d'Andy Weir, du planet op' comme la trilogie Mars la rouge, Mars la bleue, Mars la verte de Kim S Robinson, pourquoi pas de la dystopie ou du post apo en hard science. Il m'est arrivé de caler face à des œuvres que j'ai trouvées trop axées science et pas assez personnages. Par exemple, j'ai tenté de lire Flux de Stephen Baxter et là, je dois dire que j'ai décroché au bout de quelques dizaines de pages. Les concepts décrits et les personnages, étaient tellement éloignés de ce que j'arrivais à imaginer que je n'ai pas réussi à m'intéresser ni aux uns ni aux autres. Rare quand même que je lâche un roman de SF en route, mais c'est la deuxième fois avec Baxter (la première fois, c'était avec Voyage). On peut aimer la SF sans aimer toute la hard science, ce n'est point un péché mortel.

Vous voyez, comme il y a du choix ? Alors, perso, quand je dis que j'écris de la SF et que les gens, horrifiés, s'exclament qu'ils détestent ça, je crois tout simplement qu'ils ne savent pas bien de quoi ils parlent. Parce qu'il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les niveaux de lecture. Je me demande si, lorsqu'on affirme détester la SF, on n'avoue pas en réalité qu'on déteste lire une littérature qui, sous couvert d'imaginaire, nous projette dans notre monde et nos vies. Une littérature qui fait réfléchir, quoi... Et de nos jours, exercer sa pensée et son esprit critique, ce ne serait pas indispensable ?

PS : mes textes à moi, par rapport aux sous-genres de la SF ?
Fers et Talons : fantastique
In oculis veritas : fantastique
En Adon, je puise mes forces : uchronie/space op' 
Flashmob : SF, c'est sûr. Dystopie ? 
La biche : fantasy
la poursuite : steampunk
Externalisé : fantastique 
la petite fille au ballon : fantasy urbaino-auvergnate ! 
Le Point Q : quantpunk, donc
Mon futur roman est un planet et un peu space op', pur jus. 
Oui, je ratisse large.



vendredi 21 avril 2017

Créer du lien


Je viens de terminer la rédaction du premier jet du tome deux de Colonie(s) et je vais donc en attaquer les corrections.
Petit à petit, des idées me viennent pour les mener, ce qui est bon signe. J'en ai eu une récemment, dont je n'avais pas vraiment conscience du potentiel : porter plus mon attention sur les personnages secondaires.
Quand je travaille sur un projet d'écriture, je m'attache à créer un univers intéressant, une intrigue prenante, des personnages attachants (vous me direz : c'est le minimum si tu veux avoir des lecteurs...). Concernant ce dernier point, je m'intéresse en premier lieu aux personnages principaux. Dans le cas de Colonie(s), j'en ai trois, chacun représentant un groupe humain sur ma planète et ayant son point de vue. Il est important que ces protagonistes-là portent l'histoire, la fasse évoluer, évoluent eux-mêmes (ce qu'on appelle la trajectoire du héros).
Et puis, il y a les autres. Comme je n'écris pas un huis-clos, et que qui dit « colonie » dit « plein de gens », il a fallu que je réfléchisse à ceux dont le chemin allait croiser la route de mes personnages.
Il y a les incontournables : chez moi, le commandant de vaisseau, l'antagoniste, le second du commandant, l'antagoniste numéro deux, etc... Je les ai creusés aussi, leur ai trouvé motivations, passions parfois (on s'en fout si le commandant aime le macramé, mais j'ai un perso musicien et ça a du sens dans l'histoire), passé, etc. et souvent, ils interagissent avec les protagonistes principaux ce qui leur donne une véritable importance.
Et les autres ? Au début, ils n'étaient souvent que des noms ou des silhouettes mais je me suis rendu compte que c'était très amusant d'imaginer des dialogues pour eux avec les personnages principaux. Ou bien entre les protagonistes secondaires. On peut aussi établir une complicité avec le lecteur si dans une scène un personnage secondaire est témoin d'un fait dont il garde le secret, dans une autre scène, vis-à-vis d'un personnage principal. La situation devient alors savoureuse pour le lecteur car il a « une longueur d'avance » vis-à-vis du protagoniste tenu dans l'ignorance et peut-être mis dans l'embarras. On appelle ceci « l'ironie dramatique » et je pense avoir quelques idées d'endroits où je pourrais en glisser.
Je me suis amusée à faire une liste de mes personnages pour me demander si, à un moment ou un autre, ils allaient être amenés à se rencontrer, deux par deux ou en groupe. Quelle serait la teneur de cette rencontre ? Seraient-ils gênés, à l'aise, insolents, agressifs, admiratifs ? Il y a plein de situations à imaginer qui, bien qu'absentes du syno, feraient des scènes qui permettraient de mettre de la chair dans ces êtres imaginaires.
Après, point trop n'en faut : il ne s'agit pas de rallonger la sauce du roman en rajoutant des scènes intimistes sympathiques mais inutiles au fond. Il faut justement qu'elles aident à faire avancer l'histoire, de façon dynamique et vivante.
Je pense que parmi mes travaux de correction, je vais faire un diagramme de mes personnages et les relier les uns aux autres pour visualiser si oui ou non je pourrais créer du lien supplémentaire et utile pour l'histoire, entre eux. Leur donner l'occasion de dévoiler une facette de leur personnalité qui les rendra plus proches du lecteur et accentuera leur humanité de papier. Parce que dans la vie, c'est bien ce qui se passe, n'est-ce pas ? On ne parle pas seulement à ses proches ou à ses collègues, on échange aussi avec des inconnus, ou des personnes qu'on ne verra qu'une fois dans sa vie. Cela n'empêche pas ces micro-rencontres d'être porteuses de sens, voire d'étonnement ou de réflexion. Eh bien, je vais tenter de faire ça dans mon roman ou au moins rajouter cet élément dans mes cogitations en cours de correction.
Bref, ce soir je suis contente : 464 ksec, c'était ce que j'avais prévu en volume et je l'ai fini en gros en 5 mois. (plus deux ou trois mois de conception/synopsis/réflexion/dessins/schémas pourris mais utiles). C'est intéressant comme étape pour moi car, pour la première fois sur un long projet, j'ai été capable d'estimer correctement mon temps d'écriture et la longueur d'un projet.
Donc, hop ! Champagne.

mercredi 1 mars 2017

40 000 vues !

Wow, je n'avais pas remarqué...
40000 vues sur mon blog !
Nom d'une pipe en bois, si on m'avait dit ça quand je l'ai ouvert en (se gratte la tête) octobre 2012.
Eh bien, merci à toutes et tous, hein ! (je me sens toute timide derrière mon clavier)
J'espère que mes prochains articles vous plairont autant.  Et puis, je me suis fait une promesse. Je m'étais dit en début d'année 2012 : "au premier texte publié, j'ouvre un blog". Et ma première nouvelle est sortie cette année-là. Mon pari suivant, c'est : "au premier roman publié, je passe sur un site pro". (et là, je sens que je vais m'amuser. J'espère que j'arriverai à migrer mes articles...) Bref.
Encore faut-il qu'il sorte, ce fichu bouquin !
En attendant cette glorieuse perspective (un jour, peut-être) à très bientôt et encore merci pour votre soutien !

samedi 25 février 2017

De quelques lectures récentes et de mon premier jet

Partie quelques jours en vacances, j'en ai profité pour bouquiner un peu !

Mes lectures du moment :
Après l'excellentissime Port d’Âmes de Lionel Davoust, un roman qui m'a éblouie (et pourtant, je ne suis pas fondamentalement une grosse lectrice de fantasy), je me suis fait une petite pause BD :
  • le dernier album de la série Seuls (oui, il y a une adaptation ciné qui est sortie mais... j'aime trop la série de BD pour aller voir le film). Toujours aussi addictif
  • le dernier album de la série Ewilan, adaptation des romans de Pierre Bottero : eh bien, c'est pas mal du tout, le dessin est chouette et l'esprit du roman bien respecté. Cela reste en deçà, à mon goût, des romans, qui sont très riches en particulier par les interactions entre les nombreux personnages, mais c'est vraiment sympa de voir l'imaginaire de Gwendalavir traduite en images
  • le tome un de la série Ellana, une adaptation également d'après l'oeuvre de Pierre Bottéro. Après un petit recul au vu du dessin, eh bien, c'est pas mal non plus. Mais là, j'attends la suite parce que Jilano (le maître Marchombre d'Ellana) n'est pas encore entré en scène, et c'est un personnage tellement magnifique que j'ai un peu peur.
  • Enfin, j'ai lu les derniers jours d'un immortel, scénarisé par Fabien Vehlmann : une SF qui parle d'une humanité complètement maîtresse de son apparence corporelle, et toujours soumise à des préoccupations d'aujourd'hui. Intéressant de voir aussi comment les humains font face aux différentes culturelles avec d'autres espèces. Une histoire douce-amère sous fond de « Et si nous avions le choix de tout, notre vie serait-elle plus riche ou plus heureuse ? »

Côté roman, j'ai lu la Danse des Etoiles, de Spider et Jeanne Robinson, un roman écrit à la fin des années 70 et qui a raflé les prix Hugo, Nebula et Locus à l'époque. C'est un roman très original dont un des thèmes principaux est la danse, ce qui est assez rare pour que je me sois jetée dessus. Je ne le regrette pas. Tout ce qui décrit la vie humaine en apesanteur est passionnant, les personnages sont attachants et très bien caractérisés. J'ai moins accroché au style, un peu trop familier à mon goût parfois. Et j'ai trouvé quelques longueurs aux scènes de danse. Pour moi, c'est un peu comme vouloir décrire la musique, c'est compliqué. Néanmoins, l'histoire est vraiment intéressante, avec des rebondissements bourrés de suspense et la fin pleine de « sense of wonder ». Je recommande donc chaudement cette lecture ! J'ai juste un bémol concernant le terme de « chute libre » employé tout le long du roman. Pour moi, la chute libre, c'est ce que l'on ressent lorsqu'on se jette d'un avion pas ce que l'on doit ressentir, je pense, dans le vide. Je sais que la gravité est universelle, et que même dans le vide on subit l'attraction des corps célestes autour de soi, mais bon, le terme m'a un peu laissée perplexe. Disons que si le terme est exact sur le plan scientifique (je n'en sais rien, mais je suppose qu'il l'est), il ne m'évoquait pas le fait d'évoluer dans l'espace, voilà !

À part ça, j'ai profité de ma semaine de vacances pour avancer sur le premier jet du tome 2 de Colonie(s), à tel point que j'espère terminer ce travail d'ici quelques semaines. Ensuite, une petite pause pour laisser reposer (comme la pâte à pain, c'est pareil) et je me lancerai dans les corrections avant d'envoyer le bébé en relecture aux copains et copines volontaires. Ce projet va à toute allure, j'écris beaucoup plus vite que le tome 1, je sais où je vais, le canevas de mes scènes est clair. Pourvu que ça dure. Cela laissera le temps aux derniers éditeurs qui l'ont dans leur pile à lire, peut-être, de se pencher sur le premier tome.

Si vous avez eu des vacances, vous aussi, j'espère qu'elles auront été aussi reposantes et stimulantes que les miennes ! 

samedi 4 février 2017

Ecoute toi quand t'écris !!

Ecoute toi quand t'écris !!

Sous ce titre un peu débile, voire carrément racoleur, se cache une de mes vérités personnelles : quand je n'avance pas en écriture, c'est parce que ce que j'écris ne me plait pas. Et si ça ne me plait pas, comme je suis ma première et plus sévère lectrice, c'est parce que c'est mau-vais. Ouais. Encore faut-il que je m'en rende compte et l'accepte.

J'ai beau me dire et me répéter qu'écrire devrait être un boulot comme les autres, avec des objectifs qualitatifs et quantitatifs, de délais, etc... il n'empêche qu'il y a un moteur qui me pousse bien mieux que les autres : l'inspiration. D'aucuns lui donnent le nom de Muse, Fée, Sorcière, Licorne, voire des qualificatifs moins vendeurs, comme Pauvre-Tarée, Oh-non-Pas-Encore-Changer-De-Projet, ou même Espèce-De-Gros-Lunatique (oui, pas de raison que ce ne soit que des noms de filles, hein) bref, l'inspiration nous souffle les mots dans l'oreille. C'est super quand ça marche.

Hier soir, après une pause le temps d'écrire une nouvelle (si elle est retenue, je vous le dirai!), je me suis remise sur Tome 2 (sous le regard attendri de Roman, qui surveille la croissance de son petit frère, la larme au paragraphe) et j'ai commencé une nouvelle scène. Je suis partie à fond les ballons, j'allais la liquider aussi bien que les deux ou trois scènes précédentes. Tant que je gagne, je joue.

Mais là, bof.
C'est mou, on n'a même pas peur (or je me suis juré de tenir les lecteurs en haleine du début à la fin), j'oublie des trucs en route, rhaaaaaaa ! Catastrophe, Zapotache !!!

Je me suis couchée hier soir, après avoir pondu quelques ksecs poussifs, qui m'ont regardée d'un air pas convaincu quand j'ai éteint mon PC. Roman secouait la tête d'un air désolé en éteignant la lumière et en me soufflant à l'oreille « Dors, la nuit porte conseil, toussa ».

Du coup, c'est un grand classique, je me suis réveillée bien plus tôt que je l'aurais souhaité un samedi matin, et j'ai repensé à ma scène. Je me suis rendu compte que je ne l'avais pas du tout écrite comme je l'avais imaginée en film dans ma tête. Ou plus exactement, hier soir je n'avais pas encore pensé au film, aux images-choc, ce n'était pas encore organique, allé dans mes tripes, quoi.

Et ce matin, ça y est, je sais que j'ai oublié de semer quelques graines ici et là dans telle ou telle scène précédente, qui vont préparer cette scène-là, et les images s'enchainent... Plus qu'à retrouver le temps d'écrire ce week-end alors que des tas d'autres choses sont prévues. Voilà le drame de l'inspiration : on l'a souvent quand on ne l'attend pas ou qu'on ne peut pas écrire tout de suite. Mon inspiration est une authentique Enquiquineuse, pour rester polie.

Au lieu de m'acharner à pondre du ksec hier soir, coute que coute, pour tenir mon quota d'écriture, j'aurais mieux fait de mettre une musique inspirante (tiens Iron Man 3, BO du film composée par Ramin Djawadi, c'est pile l'ambiance sombre et violente qui conviendrait), de m'allonger par terre (j'aime bien) et de laisser pousser la scène dans ma tête. J'aurais dû m'écouter.

Bref, avoir le temps d'écrire, c'est bien, prendre le temps de réfléchir avant, en détail, sentir sa scène avant de lui donner vie, c'est mieux. C'est pour ça que le nanowrimo, les word wars, matchs d'écriture et compagnie, ce n'est pas pour moi.






vendredi 27 janvier 2017

Premier Jet, le retour !

Je me suis faite très discrète ces derniers temps car je planche avec passion sur le tome 2 de mon premier roman. J’ai peiné à démarrer mais je me trouve en ce moment dans une phase dynamique où les mots s’alignent sans peine. Je sais où je vais, je connais mes personnages et de temps en temps, j’ai des idées nouvelles que je trouve géniales (en toute modestie ! ) Bref, c’est le bonheur.

L’écriture d’un premier jet est très particulière. Elle me provoque des moments d’absence, voire génère chez moi l’obsession de mon histoire. Certains états mentaux, le plus souvent des moments de détente, sont particulièrement favorables à la créativité, c’est pourquoi j’ai beaucoup souffert de mon manque de productivité en fin d’année 2016, tant j’étais épuisée et stressée par mon travail-qui-me-fait-manger et incapable de trouver ces instants de grâce.

Là, tout de suite, j’écris une scène charnière dans ce roman, où tout va voler en éclats. Je me sens pas mal déstabilisée de savoir que cette scène est centrale. Ce pourrait être paralysant, même, et bloquer l’envie d’écrire de peur de mal faire. Mais tant pis. Je l’écris comme elle vient. En revanche je pense que je la retravaillerai pas mal pour qu’elle prenne autant aux tripes que je le souhaite. Le tout est de sortir ce fichu premier jet, cette sorte de brouillon de roman, cette base sur laquelle je retravaillerai dans une deuxième phase.

Je crois que j’écris facilement en ce moment parce que j’ai beaucoup hésité avant. Ces hésitations, ces soirées à ne sortir qu’un ou deux paragraphes étiques et à en sortir épuisée quand même, ont été nécessaires à la maturation de l’histoire. Il me semble que les écrivains ne sont pas toujours conscients que leur histoire s’écrit dans leur cerveau sans qu’ils s’en rendent compte et qu’elle se présente quand il se doit. Il n’est pas très utile de se désespérer quand on produit peu. En fait, nous produisons toujours, en sous-main, dans un coin de notre imagination, il faut juste être patient et ne pas se décourager. Les mots finissent toujours par se présenter. Et là, l’écriture coule sans effort.

Je m’aide d’un synopsis très général et des jalons détaillés des quatre ou cinq scènes suivantes. Je connais la fin du roman, ce qu’il va advenir des personnages. C’est tout. Je ne structure pas trop car je me souviens avoir tué l’envie d’écrire un de mes premiers textes lorsque j’étais toute jeune parce que j’avais voulu écrire un plan détaillé. Arrivée au bout du plan, j’avais constaté avec consternation que l’histoire avait cessé de m’intéresser et je n’ai jamais écrit le roman. Ce cuisant échec m’a servi de leçon. Je structure au minimum et je laisse venir le reste. Je me qualifie de jardinière assistée par architecture. Je sais que l’une de mes copines autrices a bien aimé l’expression ! ;)

Voilà, j’ai donc en ce moment le nez enfoui dans mon ordinateur. Cela m’aide à patienter car le tome un est toujours en soumission auprès de plusieurs maisons, depuis presque sept mois pour certaines. Pour l’instant, j’ai reçu quelques refus, dont un plutôt élogieux qui regrettait le format du texte et m’invitait à en présenter un autre moins copieux. J’ai chaleureusement remercié l’éditeur qui m’a adressé ce « non » encourageant. J’espère que la prochaine réponse sera un « oui », ce serait encore mieux, mais en attendant, au travail !

Il est encore temps de vous souhaiter une bonne année, heureuse, sereine, et pleine de joies et de bonne santé !


samedi 31 décembre 2016

Bilan 2016, objectifs 2017

Il est de tradition de profiter de cette période pour dresser un inventaire de nos projets réalisés ou pas et décider ce que nous ferons de l'année suivante.

Voici mes résolutions 2016 et les résultats. Finalement, ce n'est pas si mal :

1)                  Finir Colonie(s) et le soumettre aux éditeurs
       C'est fait, du moins le tome 1, qui attend encore des réponses. Ecole de patience. Mine de rien, ça fait tout drôle de tenir une version reliée dans ses mains, même si ce n'est encore qu'une impression sortie de photocopieuse.
2)                  Commencer un autre projet : déjà, la suite de Colonie(s), ça sera pas mal.
      Fait aussi, j’ai commencé le tome 2 qui attaque par une série de scènes que j'espère percutantes (mais pas faciles à écrire). Toujours autant de plaisir avec ce projet.
3)                  Si vraiment je suis méga super balaise : Ressortir mon projet de série fantastico-chorégraphique.  (mais là, je n’y crois pas, les deux premiers points sont déjà énormes)
       Nan mais, ‘fallait pas rêver, non plus. Ce sera un texte coton à écrire, et il faudra que j'en retravaille le synopsis avant de me lancer : il tiendra de l'exercice d'équilibriste.
4)                  Faire au moins une relecture de roman pour un auteur
       Réussi, largement : Trois alpha-lectures de romans, plus des nouvelles et un autre début de roman (tout ceci mis bout à bout, j'ai dû travailler sur plus de deux millions de signes et pour cinq auteurs différents). J'apprends à chaque fois que j'ouvre le manuscrit d'un-e autre. Mais je vais ralentir fortement en 2017 parce que pendant que je fais ça, je ne travaille pas mes textes.
5)                  Attirer du monde aux Aventuriales !!!
       Réussi, mais bon, c’est un travail d’équipe donc je pense que je sucrerai l’objectif Aventuriales pour 2017. Il n’a finalement pas à figurer ici
6)                  Continuer à participer autant que possible au comité de lecture de Gandahar. C’est utile et formateur.
   Ah non, Là, si j’ai lu 5 nouvelles dans l’année, c’est le bout du monde. Je me désengage de cette partie pour l’an prochain, je n’y arrive plus
7)                  Continuer à NE PAS écrire de nouvelles… à part pour les 24h. Ca me bouffe trop même si ça me réussit pas mal. 
     Pas difficile de réussir ça. J’ai quand même fourni une nouvelle pour un projet secret, (qui sortira peut-être un jour)
8)                  Coté salons, limiter les déplacements au strict nécessaire/vital : Imaginales, Utopiales. Je vais de nouveau avoir besoin de temps pour moi, autant pour écrire que pour régler les questions administratives, organisationnelles et autres qui suivent un décès. Pas drôle, mais indispensable malheureusement.  
      Fait, je suis allée aux Imaginales, aux Utopiales, aux 10 ans de Cocyclics et c'est tout ! Du coup, j'ai dégagé le temps nécessaire à mes obligations et je suis en train de terminer de vider la maison de mes parents, les travaux de rénovation ont commencé. Je dis "Ouf", c'était un très gros morceau.

En publication, presque rien, à part la réédition de ma première nouvelle, Fers et Talons, dans le Gandahar hors série "Aventuriales". Une autre nouvelle devait sortir en 2016, qui attend depuis 2015, je commence à me dire que c'est mort pour elle... Plus que modeste, donc.

Pour 2017, mes objectifs sont simples mais ambitieux (à mon échelle)

1)      Finir le premier jet de Dans le cœur d’Eltanis pour fin mai. On parle d'un premier jet à 600 ksec minimum et de la conclusion de Colonie(s). Des fils narratifs à clore de façon satisfaisante pour mes personnages qui m'accompagnent depuis 4 ans (et pour certains bien plus encore). Comme il me vient de nouvelles idées chaque fois que je m'installe derrière mon clavier, je me demande si cet univers ne générera pas d'autres textes par la suite. 
2)      Le corriger et l’envoyer en relecture à mes alpha-lecteurs et lectrices (mettons en septembre) : j'aimerais que ce ne soit pas un monstre, et qu'il n'occupe pas plus de volume que son illustre prédécesseur (800 après corrections). Plus c'est gros, plus c'est long de travailler dessus (se le répéter comme un mantra)
3)      Commencer un autre projet quand je laisserai Eltanis se reposer : et là, j'ai de tout en rayon "envies" : de la série, du roman (en un volume !), en fantastique et fantasy. L'embarras du choix. Cependant, l'exercice est difficile pour moi car je ne sais pas alterner mon travail sur deux projets en simultané. Quand je suis immergée dans un monde, je n'arrive pas à zapper sur autre chose. Donc, pendant que je travaillerai sur ce nouveau projet, j'aurai tout intérêt à prendre de nombreuses notes car, au retour des relectures d'Eltanis, je repasserai dessus et je laisserai projet numéro deux en jachère.
4)      Aller aux Imaginales et à la Convention Cocyclics, et c’est tout, pour garder le temps d’écrire. Décision à double tranchant. Quand on écrit, on fait un travail solitaire et rencontrer celles et ceux qui font le même est une bouffée d'oxygène. Mais je vais quand même rester en retrait un an de plus. Il faut que je me crée une sorte d'amorce de textes, pour avoir des projets d'avance. Ils ne s'écriront pas tout seuls.
5)      Écrire une nouvelle (j’ai une idée que j’ai commencé de rédiger, cela ne devrait pas trop m’écarter de mes projets longs) : j'en ai relu le début hier soir et elle me plait bien. Du fantastique, ça fait longtemps que je n'en ai pas écrit et ça me manque.

A titre personnel, deux gros chantiers qui vont encore me demander du temps, mais vraiment sympas :
6)      Finir la rénovation et mettre la maison de mes parents en location. Voilà qui s'appelle le bout du tunnel.
7)      Rénover et aménager mon salon (et ma chambre, si on en a le temps.). Quand on est une famille de lecteurs, cela suppose de s'équiper en conséquence... (soupir) Autant j'arrive maintenant à me défaire des livres que je n'aime pas, autant je suis incapable de donner un ouvrage sous prétexte que je l'ai déjà lu (surtout s'il m'a plu). Dans la mesure où je n'ai jamais cessé de lire depuis l'enfance (j'ai beaucoup emprunté en bibliothèque à une époque), et où aujourd'hui j'achète tout ce que je lis, je vous laisse imaginer le nombre de mètre-cubes qu'il faut que je case.

 Je vais essayer de tenir mes résolutions et de faire de 2017 une année d'accomplissements après 2016 qui fut plutôt une année de fondations. J'aimerais aussi retrouver une forme physique qui me manque cruellement en ce moment. Question, là aussi, de volonté (et d'emploi du temps un peu moins bousculé, mon dernier trimestre 2016 a été très dur professionnellement). Allez, on y croit !

Je vous souhaite à vous toutes et tous, et à ceux que vous aimez, une très bonne année 2017 !!
PS : mon chéri de Woodcock m'a fait chiche de rajouter de le couvrir de bisous. Voici donc une résolution 2017 de plus (fastoche). :)



samedi 24 décembre 2016

Le jour des Tartines de Thierry Fernandez



 Cela faisait longtemps... un petit retour de lecture :


Titre : le jour des tartines

Auteur : Thierry Fernandez

Éditeur: Voy’el collection E-court

A lire absolument si on aime :
- la science-fiction
- l’humour
- la pataphysique


l'avis du critique :

Le ton de cette nouvelle de science-fiction est un subtil mélange de sérieux et d’humour.  L’idée loufoque de départ est traitée comme un reportage. L’auteur multiplie les clins d’œil à la geek-culture que ce soit au travers de ses personnages que de son monde futuriste, truffé de petits détails. Ce peut être un exercice amusant que de les traquer pour les identifier, d’ailleurs ! Essayez, vous verrez !

Les personnages sont bien campés et l’alternance de leurs points de vue contribue au dynamisme du texte. Mention spéciale pour la Française ^^ qui vaut son pesant de tartines.

Le style est direct et le vocabulaire précis, ce qui permet une lecture fluide et malheureusement trop rapide, mais c’est le défaut des nouvelles intéressantes.

Et non, je n'en dirais pas plus pour ne pas vous gâcher les surprises que vous réserve ce texte !  (de l'art d'écrire une chronique sans parler du fond de l'histoire...)

En conclusion, une bonne lecture à ajouter dans sa liseuse si l’on veut enfin percer certains grands mystères de l’univers. ;)

vendredi 23 décembre 2016

De mes legos de quand j'étais petite




En rangeant et triant la cave de la maison de mes parents, je suis retombée sur un trésor de mon enfance : mes légos. Ce jeu de construction a été un de mes jouets préférés, je construisais et déconstruisais des maisons, des châteaux, des tas de trucs. 
Comme j’étais une petite fille soigneuse (surtout à partir du CM) je conservais les boites, et on y trouve encore parfois les notices, toutes les pièces et même les publicités de l’époque. Vous savez, ces petits catalogues qu’on trouve parfois dans les boites de jeu ? J’en ai retrouvé un qui date de 1974. J’avais 10 ans  à l’époque. En le lisant et en le parcourant plus de 40 ans après, je me suis dit que cette petite trouvaille méritait largement un billet, surtout que nous sommes à la période de Noël. 

Alors, le look fait très années 70 (la couronne de fleurs, hum, ça le fait moyen. A 10 ans, j’ai dû trouver ça très ringard), autrement le discours est quand même pas mal intéressant. Quand on l'ouvre, ça donne ça : 



La première chose qui saute aux yeux, c’est l’absence de rose. Ce rose chamallow qu’on assène aux petites filles dans la presse et dans les magasins aujourd’hui. Ce rose qui veut dire : « T’es une fille » voire « T’es QU’une fille ». Ce rose infamant pour les garçons qui snobent souvent les pages de catalogues de jouets « réservées aux filles ». En 1974, regardez bien, il n’y en avait pas. D’ailleurs, je n’en portais pas, à part sur les robes de princesse que ma mère me cousait (et attention, j’étais plus souvent la reine qui commande, que la princesse qui minaude). J’ai eu du rouge, du bleu marine, du blanc, du vert, des tas de couleurs, mais du rose… c’était une couleur réservée à certaines occasions (ah si ! j’ai eu une robe longue blanche et rose pour le mariage d’une cousine. Oui, longue, c’était la mode à l’époque)
Donc des couleurs franches. Pas de mièvrerie.


là où il y a une croix, c'est que je l'avais...
Ensuite, les thèmes : là, c’est plus mitigé côté modernité/non sexisme. La brochure met l’accent sur la famille (papa, maman, les enfants : à l’époque, les divorces étaient rares, et les couples homosexuels tabous. Une autre époque, on est d’accord), sur la maison, avec ce que ça peut signifier en sous-main de répartition des rôles entre la maman et le papa, mais regardez les photos : on invite la petite fille à construire des maisons, à jouer avec des voitures, des avions etc. J’ai eu une boite avec un moulin à vent à construire, j’adorais ce truc un peu sioux à monter. On n’est pas venu m’offrir un carrosse rose tiré par des licornes… !! Beuârk !
 


































Mais le plus intéressant, c’est le dos de la brochure :





 où l’on dit que les garçons peuvent autant jouer à la poupée que les filles au vaisseau spatial. En 1974. Je ne sais pas vous, mais je n’ai pas l’impression qu’on ait fait évoluer dans le bon sens la façon dont on propose des jouets aux enfants. Pour Lego, à l’époque, on pouvait offrir les mêmes boites aux filles qu’aux garçons.
Un autre bémol : le premier paragraphe qui sous-entendrait que les filles sont moins habiles que les garçons. Là, je rigole doucement (quand je vois le nombre de mes copines qui ont des doigts d’or et pas seulement pour les travaux d’aiguilles... j’en connais une qui a construit le bassin extérieur de ses poissons, elle se reconnaitra)
Enfin, voilà. Peut-être qu’à l’époque Lego cherchait juste à attirer les petites filles dans les jeux de construction pour élargir son marché. N’empêche, j'aimais bien cette idée que fille ou garçon pouvait bien jouer à ce qui lui plait.

dimanche 4 décembre 2016

Tourner une page de sa vie



 A l'heure où bien des gens se préparent à Noël, accompagné ou non de la fête chrétienne symbolisant le partage et le renouveau, je sombre tous les ans dans une tristesse profonde. J'ai perdu plusieurs membres de ma famille en novembre et en décembre, ça n'aide pas à avoir envie de sauter de joie.
Cette année, je suis en plus en train de terminer de vider la maison de mes parents. C’est une tâche difficile à la fois par la masse de travail qu’elle représente que par la flopée de souvenirs et de sentiments qu’elle soulève. J’ai longuement repoussé l’échéance, le moment où l’on se dit « Il faut en finir ». Une association va bientôt venir emporter meubles et objets que je ne peux pas et, au fond, ne souhaite pas garder. C’est l’histoire de ma famille qui va partir dans ce camion. J’espère que les personnes qui récupèreront ces objets seront aussi heureux et unis que nous l’avons été.
Je crois vraiment qu’être entourée dans ces moments a été salutaire pour moi. Je n’ose penser à ce que j’aurais vécu sans mon mari, mes fils, et mes amis, pour arriver à prendre toutes les décisions : je garde, je donne, je jette… Tous ces tiroirs où je n’étais jamais allée fouiller et où j’ai découvert des vieux papiers, des lettres et des photos m’emportent vers des décennies d’histoire. Pour certaines, je ne sais pas quelle personne elles ont immortalisées, et parfois j’ai un coup au cœur quand je constate qu’il s’agit de la dernière photo connue de tel ou tel proche. Je trouve parfois des notes dont je ne peux m’empêcher de penser qu’elles ont été laissées là à mon intention, « quand le moment sera venu », et cela me bouleverse.
J’en ai de pleins sacs chez moi maintenant : des souvenirs, des choses que je ne veux pas jeter car j’ai envie que mes enfants sachent qui étaient leurs grands-parents et leurs oncles au-delà de ce qu’ils ont connu à leurs côtés.
A regarder les photos, je retrouve le sourire. Il est vrai qu’on ne prend pas d’images des moments tristes, des maladies et des enterrements. J’ai eu pourtant vent d’un projet photographique d’un homme qui a continué de photographier sa femme atteinte d’une maladie incurable jusqu’au bout. Je crois qu’il l’avait fait pour lui montrer qu’il l’aimait encore même souffrante, même abîmée, même mourante. Notre façon de faire face au malheur diffère selon notre capacité à surmonter les choses. Peut-être aussi en fonction de nos moyens d’expression favoris.
Ma mère écrivait beaucoup. Je crois qu’elle a écrit son journal toute sa vie. Je n’y prêtais guère attention à l’époque, mais maintenant que j’ouvre ces pages, je découvre qu’elle racontait tout : les évènements tout simples et les bouleversements, les bonnes et les mauvaises nouvelles. C’est presque terrifiant de se dire que je dois avoir le déroulement de sa vie depuis les années 70, au moins, avec tout ce qui s’est passé sur quarante années. Je ne pense pas que je jetterai ces agendas garnis de son écriture nerveuse et claire. Mais je ne sais pas si j’aurai un jour le cran de tout lire. La mémoire adoucit les souvenirs avec le temps et la capacité de résilience de notre cerveau nous préserve et nous aide à oublier les tsunamis de nos existences… Se replonger dans les évènements comme par un voyage dans le temps, c’est un vrai thème de SF mais est-ce une bonne idée dans la vraie vie ?
J’ai retrouvé certains objets dont j’ai éprouvé le besoin de les prendre une dernière fois dans mes mains pour en retrouver les sensations, comme ces moufles multicolores que ma mère m’avait tricotées quand j’étais encore à l’école. Je les ai même passées, mes mains n’ont pas autant grandi que je le pensais. J’ai retrouvé le côté un peu rêche de cette laine, l’épaisseur du tricot et admiré les petits détails de décoration que ma mère ne manquait jamais d’ajouter. Maintenant, je peux les jeter sans regret, elles sont un peu abimées, sentent le moisi et leur style ne correspond plus à ce qui plairait aujourd’hui à une petite fille. Et puis je ne peux pas tout garder.  J’ouvre des boîtes, des sacs. Je retrouve les chutes de tissu des robes que ma mère cousait, ses patrons, les restes de laine de pulls que j’ai portés ou vu porter par mes proches. Conserver toutes ces choses ne les fera pas revenir mais leur dire adieu m’est nécessaire.
Je touche au bout de l’exercice. La maison a perdu son caractère, son aspect habité pour être maintenant peuplée de sacs, de cartons, et de meubles étiquetés. C’est de moins en moins difficile et je n’ai plus l’impression de piller la demeure de mes parents mais bien de me livrer à une opération de préservation de l’essentiel. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’en sors sans blessure. Le temps sera mon ami, comme toujours.
J’espère qu’une fois ces ultimes tris effectués et la maison rénovée, quand cet endroit ne sera plus la maison de mon adolescence où j’ai été si heureuse, mais un juste un patrimoine immobilier pimpant qui accueillera une nouvelle famille, j’arriverai à tourner la page et à regarder vers l’avenir plutôt que vers le passé. Néanmoins, je ne me fais pas d'illusion : le temps du deuil a son rythme à soi, très éloigné de celui de nos vies modernes. Et les larmes ont encore le droit de couler des années après.